Lundi dernier

24 octobre 2013 @ 13 h 44

Comment écrire ces idées qu’on arrive à peine à concevoir ? Comment écrire ces mots que notre esprit se refuse de former, tant la réalité qu’ils s’apprêtent à décrire est insoutenable ? Comment écrire ces sentiments auxquels les hommes n’ont jamais donné de noms, comme si en ne les nommant pas, on les empêcherait de se former ? Comment témoigner de cette insupportable réalité ?

Le pourquoi est plus facile à comprendre que le comment. Le pourquoi est égoïste, il est expiatoire aussi. Il naît d’un besoin, presque viscéral, de te raconter. Par affection, et par devoir de mémoire… De façon anonyme, parce que je ne suis personne finalement, dans ce récit, ni famille, ni amie, ni même proche. J’étais seulement la maîtresse de CM2, il y a trois ans…

Ton frère et toi êtes partis depuis plus d’une semaine maintenant, tournure détachée et édulcorée pour signifier que vous êtes morts lundi dernier. Quatorze ans, dix-huit ans, compteurs bloqués pour l’éternité. Vous êtes morts, baignant dans votre sang, assassinés par votre père en tentant de sauver votre sœur et votre mère.

La réalité n’a rien d’édulcoré.

Le choc fut tel qu’il a terrassé tout un quartier, qu’il a même résonné par delà les hauts murs gris de notre cité… Le reste du pays, pour une fois, parlait d’ici. Hélas, ce n’était pas pour évoquer tes exploits dominicaux sur les terrains de foot, ce n’était pas pour relayer la détermination et la joie qui s’échappaient de ta voix quand tu racontais tes projets d’avenir, c’était pour faire défiler la nouvelle de ta mort sur le bandeau inférieur de l’écran cathodique d’une chaîne d’info en continu… Ce n’était pas pour dire que notre quartier sait vivre, rire, rêver et avancer. C’était pour montrer la mort et le chagrin, votre mort et notre chagrin.

Ce chagrin est encore vif, et toutes les marches blanches du monde n’y changeront rien. Nous pourrons envoyer des prières vers le ciel, déposer des fleurs, allumer des bougies ou écrire nos prénoms sur les murs qui ont abrité ton dernier souffle, nous ne changerons rien. Pourtant, pour toi, pour lui, pour nous, il faut plus que jamais apporter un rien de douceur, un semblant de candeur, une réminiscence de bonté à cette tragédie…

Il faut avancer, ou faire marche arrière, parler de demain ou évoquer hier, mais bordel, comment pourrait-on supporter de rester là, et de froidement regarder le présent dans les yeux ? Dès qu’on se fige dans l’instant, dès qu’on laisse notre esprit être mangé par l’oisiveté d’un moment, les mêmes idées noires reviennent : vous êtes morts, baignant dans votre sang, assassinés par votre père en tentant de sauver votre sœur et votre mère. Avez-vous seulement eu le temps de réaliser que vous avez réussi ?

Est-ce cela qu’on appelle mourir en héros ? Cette idée pourra-t-elle jamais réchauffer le cœur de votre mère et votre sœur dans le futur, ou sera-t-elle la plus pénible de toutes ?

A.d.i.e.u

24 octobre 2013 @ 13 h 30

Tu le rencontres au détour d’une discussion virtuelle,
Vous échangez, une sorte de connexion se créée,
Il est loin, occupé, mais quelque chose vous pousse l’un vers l’autre.
Ce quelque chose abouti à un baiser .
Un baisé partagé et chargé…
De tendresse, de doutes, de fragilité,…
Alors qu’il semblait si fort,
Tu découvres alors une autre facette de lui mais,
Sa vie, ses obligations le rappelle à toi,
Et tu reçois ce SMS (retour au virtuel) qui sonne comme un adieu.

C’est pourquoi là, j’ai envie de me remettre à parler à d.ieu en lui demandant pourquoi m’envoyer cette personne si c’est pour me l’enlever peu de temps après…
Ce baiser restera gravé comme un instant magique, si il doit se réitérer tant mieux, sinon il restera un acte non regretté.

Le temps passe

19 juin 2013 @ 18 h 13

Il y a 10 ans, je passais mon bac.
Il y a 10 ans, tu es étais ma meilleure amie. Et elle aussi.
Il y a 10 ans, c’était mon confident.
Il y a 10 ans, on était plein de rêves et de promesses.
Il y a 10 ans, je détestais ma sœur.
Il y a 10 ans, tu adorais la tienne.
Il y a 10 ans, ta famille était un peu ma famille.
Il y a 10 ans, c’était le bon.

Aujourd’hui, toi et lui attendez un enfant.
Aujourd’hui, elle n’est plus ma meilleure amie.
Aujourd’hui, je ne sais pas quoi faire de ma vie.
Aujourd’hui, ma soeur est ma confidente.
Aujourd’hui, tu ne parles plus à la tienne.
Aujourd’hui, ma famille est loin mais je suis plus que jamais proche d’elle.
Aujourd’hui, c’est Elle et c’est pour toujours.
Aujourd’hui, je suis heureuse.

RT. Fav.

30 mai 2013 @ 0 h 22

Je te suis. Tu me suis. Il/Elle me suit. Nous te suivons. Vous me suivez. Ils/Elles me suivent.
Mais prenons-nous vraiment le temps de nous parler ?

No Sun, No Soul !

23 mai 2013 @ 20 h 10

Je crois que j’ai tué le soleil.
Le vent s’est levé, les nuages se sont rassemblés d’un coup sous le ciel, comme pour masquer sa splendeur.
Et c’est comme s’il n’y avait jamais eu de lumière sur le monde.
Mes yeux ont tôt fait de s’habituer, ne distinguant bientôt plus vraiment les couleurs vives.
Tout était gris.
Terne.
Sans vie?
C’est comme si le cœur du monde avait arrêté de battre, d’un coup d’un seul, sans prévenir et à la fois comme si c’était prévu depuis longtemps.
Personne n’a rien dit, personne ne s’en ai rendu compte.
Mais moi je voyais bien que rien n’était comme avant. Et je savais que j’étais coupable.
Je rasais les murs, baissais la tête en permanence, le regard fuyant, la voix tremblotante.
Je n’étais plus que l’ombre de moi-même… tout en sachant bien qu’il n’y avait plus la lumière adéquate pour faire naître une ombre digne de ce nom.
J’avais tué la lumière. Celle qui illumine le regard et réchauffe l’âme.
J’ai assassiné le soleil. Quand j’ai arrêté de croire en moi.

Quand on aime vraiment le cinéma, on y va pas.

21 mai 2013 @ 18 h 36

Je déteste le cinéma. Mais vraiment.
Non, en fait, c’est une métonymie. Ce n’est pas le cinéma que je déteste mais les gens qui s’y agglutinent. Le concept de cinéma est simple : découvrir un film dès sa sortie dans des conditions demesurées: un écran plus grand que ton appart et une qualité de son acceptable. Point.
Est-ce qu’à un seul moment le concept de cinéma inclus de supporter les sonneries de téléphone incessantes, la lumière des écrans LCD qui s’allument, le vieux qui tousse toute la séance, les gens qui parlent fort et ceux qui puent. Surtout les gens qui puent. Que ce soit l’odeur de transpiration ou l’odeur de pied des personnes qui se déchaussent, je ne comprends pas. Je n’accepte pas. Il devrait y avoir des lois contre ça. La peine de mort immédiate, par exemple. J’exagère un peu, j’avoue.
Je vais quand même lancer une pétition, sait-on jamais.

Fracture

17 mai 2013 @ 15 h 37

Il me l’a présenté. Sans me l’annoncer. Clandestinement. Cette autre. L’autre qui déchire ma famille. Et le fautif c’est lui.

Lui qui a toujours préféré se réfugier ailleurs. Le tabac. L’alcool. L’excès. L’autre.

Partager, parler, se confier à sa famille? Impensable. L’homme doit rester droit. Digne. Sans failles.

Et pourtant, il s’est fissuré. Tout le monde l’a vu. Il a fait comme si de rien était. On l’a averti. Il a joué à l’aveugle. Et il a foncé dans le mur. Plusieurs fois.

Pour l’instant il se relève à chaque fois. Mais aujourd’hui, il va tout perdre. L’autre ne veut plus le voir. Sa famille non plus. Il est devenu un étranger.

Il me l’a présenté. Clandestinement. « Une collègue ». Des gestes déplacés. La puce à l’oreille. Je l’ai deviné immédiatement. Un sms « mon père a une maîtresse ».

J’ai pleuré. Beaucoup pleuré. Et j’ai deviné juste.

Sans mon autorisation, il me l’a présenté. L’a fait rentrer « dans ma vie ». Sans mon consentement. Je le détesterai toujours pour ça. Il n’avait pas le droit.

Famille fracturée. En miettes.

Je joue à la marchande

17 mai 2013 @ 14 h 45

J’ai un abonnement internet + téléphone + TV à 37.99 €.
Un forfait mobile à 19.99 €.
Un abonnement Spotify à 9.99 €.
Une carte UGC à 20,08 €.
Un pass Navigo zone 1-2 à 65,10 €.

Au total, ma vie en illimitée me coûte chaque mois 153,15 €.
Je consomme, je consomme, je consomme… et je perds la valeur des choses.

Mon royaume pour un cheval

13 mai 2013 @ 11 h 47

Quelle est la valeur de la vie ?
Comment peut-on vivre en société ?


L’Homme ne peut pas tout faire seul, il possède une ou plusieurs compétences.
Une certaine osmose est implicitement créée dans une société qui permet d’échanger des services, des produits, etc. contre une valeur de référence.


Le troc peut avoir des avantages et des inconvénients.


Dans une société, le volume de la valeur de référence est-elle bien réparti ?


Pourquoi y a-t-il une répartition inégale ?


Pourquoi cette valeur de référence est-elle utilisée comme une forme de lien de soumission entre deux acteurs de cette société ? En particulier, lorsqu’un bien est mal évalué ?


Si un acteur de la société possède tout le volume de la valeur de référence, sera-t-il seul au Monde ? Mais dans quel but, voudriez-vous tout garder si vous vous retrouvez seul ?

Des livres et des mots

10 mai 2013 @ 11 h 46

Des lettres forment un mot ; des mots forment une phrase ; des phrases forment un paragraphe ; des paragraphes forment un chapitre ; des chapitres forment un livre ; des livres forment une bibliothèque ; des bibliothèques forment une personne ; des personnes forment des lettres.

Si nous ne transmettons pas nos connaissances, nous cassons la chaine de cette connaissance.