Bref, j’ai passé un test.

4 mars 2013 @ 13 h 14

Il y a des fois où ça ne dérange personne de n’être qu’un numéro.
Par exemple, quand un médecin vous appelle dans salle d’attente remplie d’inconnus pour vous demander de le suivre, afin de vous donner les résultats d’un test.

Il y a maintenant quelques jours, et après des mois de célibat et de sexe avec protection, je me suis décidé à repasser un test de dépistage du VIH.

Pendant ma recherche d’un centre anonyme assez loin de chez moi (ça serait bête de tomber sur ma voisine), mais pas trop (ça serait bête de prendre un billet d’avion pour y aller), j’ai commencé à mettre en place mon système immunitaire et surtout mentalement imaginaire en me disant « En même temps, je ne vois pas pourquoi je m’inflige ça, il n’y a aucun risque que je sois séropositif ».

Aucun risque.
Quoique.
Voilà, le doute s’installe…

Effectivement, qu’est-ce qui me dit que lundi 25, pendant que j’étais au cinéma tranquillement avec mes popcorns, celle avec qui je faisais des galipettes habituellement n’était pas entrain de tester de nouvelles positions avec son professeur de salsa trop sexy mais qui a un cheveu sur la langue ?

Et puis cette fille chez qui j’ai ronflé comme un ours après un coït de 5 minutes montre en main, déjà que je ne connais pas vraiment son prénom, alors quid de son carnet de santé ?

Il faut se rendre à l’évidence, j’étais sûr à 99,99999 % sûr de n’avoir aucune MST dans mon caleçon.
Pour le 0,00001 %, il fallait donc vérifier.

Après plusieurs jours de « J’irais demain », j’ouvre la porte du centre de dépistage, prends mon petit numéro, et j’attends. Pas très longtemps certes, mais assez pour me dire que la déco était assez neutre et surtout moche pour ne pas donner envie aux gens de revenir toutes les semaines, ce qui d’ailleurs était probablement l’effet recherché.

On m’invite donc à prendre place, à donner ma date de naissance (la seule trace de mon passage chez eux) et voilà qu’on me donne un questionnaire à remplir, de quatre ou cinq pages… J’avais comme une envie de leur dire que moi, j’étais juste venu pour qu’on me plante une aiguille dans le bras, mais bon, comme je ne payais pas et que je n’avais pas trop envie de la ramener, j’ai souri avant de retourner à ma place avec un stylo bic qui marchait à moitié. Avant de savoir si j’avais chopé une maladie, il fallait que je me casse le dos pour cocher des cases improbables.

Me voici donc entrain de raconter ma vie sexuelle via un formulaire, avec des questions déconcertantes pour savoir si dans les six derniers mois, j’ai eu un rapport buccal non protégé avec une personne venant d’un pays africain ou si une personne de mon entourage a été victime d’un viol.

Tout en remplissant ceci, je me demande si le résultat de mon test sera faussé si j’oublie volontairement de dévoiler des passages honteux de ma petite existence, et surtout, si quelqu’un va s’en rendre compte en analysant mon sang (« Monsieur, à la question 2-C, vous avez répondu que vous n’avez pas regardé de films pornographiques ces dernières semaines alors que votre taux de globules blancs prouvent exactement le contraire »).

À peine ai-je fini de m’inventer une pureté sur papier qu’un médecin me fait signe de le suivre, pour me reposer exactement les mêmes questions que dans mon questionnaire, sans même y jeter un oeil, et en répondant « hmm » à chaque affirmation de ma part. Deux minutes plus tard, je sors de son box pour qu’on me dise « vous attendez là, une infirmière va venir »

Je ne veux pas dire, mais je trouve qu’on me demande un peu trop d’attendre, et y’a même pas de machine à café dans les parages. Sérieusement, si c’est comme ça que vous accueillez vos invités…

Une salle d’attente restant une salle d’attente, tout le monde fait semblant d’être consentant, à la différence près qu’ici, il n’y a pas de vieux numéros de Paris Match, et surtout qu’il est hors de question d’avoir le moindre contact visuel avec son voisin. On est pas là pour se soutenir, et encore moins pour sympathiser. Chacun pour sa gueule.

« C’est à qui ? »
« Ben je crois que c’est à moi. »

J’entre dans la salle, elles sont trois.
Chanceux que je suis.
« Posez votre manteau ici. »
Je m’éxécute.
Puis elle se tourne vers sa collègue pour lui dire « Et maintenant, on l’installe comment le monsieur ? »

En une seule phrase, je comprends que l’infirmière qui va s’occuper de moi est en formation, et que je vais peut-être mourir ici, quand elle m’injectera de l’air directement dans le cerveau pour une raison inconnue, et que comme personne ne sait que je me trouve actuellement dans ce centre, elles pourront faire disparaître mon corps sans trop de problème (Tout ça dans une seule et unique phrase).

Pendant toute la procédure, je ne dis pas un mot, je regarde chacun de ses faits et gestes, je contrôle tout. Je n’ai pas fait médecine, mais je me rassure en me disant que le protocole a été respecté à la lettre. On m’annonce que j’aurais les résultats la semaine prochaine, et je me dis que c’est quand même un peu long quand on sait qu’aujourd’hui, en pissant sur un capteur, on peut savoir si on peut coucher ensemble sans risquer d’avoir un bébé le lendemain (Merci ClearBlue).

Je sors du centre, et à partir de là, le monde ralentit.
Je me dis que tout va bien se passer.
Mais on sait jamais.
Non, ça va, y’a pas de soucis.
Oui mais.
Non.
Parce qu’il faudrait rappeler Machine quand même.
Je m’inquiète pour rien.
Mais Truc là, si ça se trouve…

Une semaine horrible.

Il y a des fois où ça ne dérange personne de n’être qu’un numéro.
Par exemple, quand un médecin vous appelle dans salle d’attente remplie d’inconnus pour vous demander de le suivre, afin de vous donner les résultats d’un test.

Et je suis séronégatif.

もしもし (Moshi Moshi)

2 mars 2013 @ 11 h 29

Allo ?

Oui ?

T’as essayé de me joindre non ?

Non, non, je m’ennuyais donc j’appelais des gens au pif

Ha ok…

Mais si ! Bordel, si je t’appelles c’est qu’il y a une raison !!!


Répondez bordel !

1 mars 2013 @ 11 h 01

Il y a ceux qui ne répondent pas parce qu’ils font autre chose
Il y a ceux qui ne répondent pas parce qu’ils n’entendent pas leur téléphone
Il y a ceux qui ne répondent pas parce qu’ils n’ont pas leur téléphone
Il y a ceux qui ne répondent pas parce qu’ils baisent
Il y a ceux qui ne répondent pas parce qu’ils n’en ont pas envie
Il y a ceux qui ne répondent pas juste pour t’emmerder
Il y a ceux qui ne répondent pas par principe
Il y a ceux qui ne répondent pas parce qu’ils ne savent pas quoi dire
Il y a ceux qui ne répondent pas parce qu’ils oublient
Et puis il y a ceux qui répondent qu’ils ne répondront pas

Bois ton Yop

27 février 2013 @ 20 h 12

Les mots du jour sont : « HIBERNER » et « HIVERNER »

 

Le 27 février 2013, le mot du jour a été Hiberner. Oui, Hiberner. (On n’est pas le 27 ? Ce n’est pas grave, continue de lire…)

 

Mais qu’est-ce qu’Hiberner ?

Pour les animaux, Hiberner signifie qu’il entre dans un état de léthargie durant l’hiver, comme la marmotte (qui met le chocolat dans le papier d’alu’, ne mens pas tu la connais cette histoire !!)

C’est comme un mode veille donc.

Oui, on va dire à peu près.

Mais attention, contrairement à ce que l’on croit : l’ours n’hiberne pas, il hiverne.

 

Mais qu’est-ce qu’Hiverner ?

Hiverner signifie se mettre à l’abri du froid pendant la saison froide. Cela inclut aussi bien les plantes, les hommes et les animaux.

On peut dire que les oiseaux migrateurs hivernent dans les pays chauds ou qu’on hiverne nos plantes dans une serre.

 

Bon vous avez saisi les deux notions ?

Maintenant,

On

Va

Crier

Bien

Fort

Que

Nous

Voulons

Tous

Hiberner

!!!

Rawwwr

27 février 2013 @ 18 h 11

… et puis le dinosaure il mange les arbres.

Fin.

Hey toi !

27 février 2013 @ 13 h 46

Hey toi !

Oui toi là bas.

Je ne t’aime pas.

JE NE T’AIME PAS.

Sans raisons.

Cent raisons.

100 petits riens.

Sans ces petits riens,

je ne t’aimerais pas non plus.

Mais je m’aimerais plus.

Avec toi, j’ai été sans foi.

Depuis toi, je suis sans foie.

Avec ta vie, je mourrais.

Avec ta mort, je revis.

Nous.

Je.

Fuck you

27 février 2013 @ 12 h 09

Hey salut je veux plus te voir.
Pourquoi ?
Parce que.

Rompre avec un ami, on y revient.
Il peut y avoir différentes méthodes. La méthode de l’ignorance, on en a déjà parlé et elle fonctionne.

Puis il y a la méthode de tout dire, se soulager, plus égoïste, mais qui se manifeste quand on se laisse aller au point de rupture.
Ce point de rupture, où tu te rend compte que tu ne comprend plus ce que te dis la personne, ce que fais la personne, ce que tu fais avec elle.

Il y a un premier événement qui passe mal, un deuxième, un troisième et là tout explose. Fuck you

Les explications sont foireuses, mais comment dire à quelqu’un que tu n’es plus, que tu ne veux plus.
Quand tu commences à te poser dix milles questions, sur ce que tu peux dire, sur ce que dit l’autre, sur ce que tu dois accepter de l’autre, parce que tu comprends on est amis il faut faire des concessions.

Oui on rompt aussi avec ses amis. Oui on va faire du mal, une fois, une dernière fois, pour tout ce qu’on a supporté sans que l’autre s’en rende compte.

Se sentir rassuré(e)

26 février 2013 @ 12 h 46

Se sentir rassuré(e).

Safe Road.

 

Seule, en face de vous. Rien. Le néant. Le manque d’inspiration.

Où aller ? Revenir en arrière ?

On ne peut pas revenir car vos pas ont disparu.

Ce n’est pas grave en fait. Il suffit de vous lever. Ouvrir les yeux. Trouver une lumière, un point pour
nous guider.

Vous vous demandez surement si cela vous suffira pour avancer. Je peux affirmer qu’on continue
même si vous vous n’en rendez pas compte. C’est seulement que votre pas n’avance pas à la même
vitesse que les autres.

La ligne de la vie n’est pas aussi droite qu’on pourrait le croire. Qu’on voudrait le croire.

 

What’s going on ? You want to know about that.

You seems to be lost but you don’t. Don’t lose your beliefs. Stay focused on them or more.

Open your eyes, open your mind. Don’t be afraid.

You have to create your own path and walk this way. Take some risks. The key of your life is to be
yourself not someone else. But if you think that your way is not so safe or secure as you wish.

Why ?

Why do you want to be like nobody ?

No one could know what tomorrow will be. Today change into the Yesterday to make your
Tomorrow. Fight.

 

Faut-il nécessairement un but pour vivre ?

Pour vivre dans cette société, il faut être rentré dans une relation win-win. Mais sommes-nous si
gagnant que nous le pensons ?

Vous êtes réelle, la vie est réelle. Votre chemin est réelle. Regardez les panneaux de signalisation
avant d’avancer.

Point de rupture

25 février 2013 @ 15 h 07

En vérité, je vous l’avoue, j’ai déjà voulu rompre avec un ami.
Je ne vois pas en quoi ça serait si différent d’une relation amoureuse en fait.
Parfois, le temps fait son œuvre, et on en arrive à ne plus être potes parce qu’on est bien ensemble, mais par habitude, parce qu’il a toujours été là.

Certains diront que c’est ça, la particularité d’un vrai ami, d’être toujours là, quoiqu’il arrive.

Mais sérieusement, parfois, on s’entend mieux avec des personnes lambdas, parce qu’elles sont juste… différentes.
Et vraiment, ça fait bizarre d’avoir l’impression de tromper une personne avec qui on n’est pas en couple.

Alors voilà, je ne sais pas trop comment on est censé faire dans ces moments-là. Est-ce qu’on appelle l’autre pour lui donner rendez-vous dans un lieu public, afin de lui dire « C’est pas toi, c’est moi » ? Ou alors on le pousse à partir vers un autre compagnon de route ?

Généralement, la méthode la plus efficace est de faire le mort et de laisser le manque de communication faire son oeuvre. C’est lâche, mais jusqu’à présent, cette façon de faire a toujours marché pour moi.

Avec des mots

20 février 2013 @ 21 h 05

Avec des mots, on peut faire ce qu’on veut.
Si je veux, je fais apparaître un dragon dont les narines crachent de la guimauve, dans ton esprit, là tout de suite.
De la guimauve rose.

Avec les crayons, c’est la même chose.
La peinture, les pastels, toutes ces couleurs qui racontent des histoires. Il suffit d’un déclic pour que le flot d’images qui t’envahit la tête se retrouve matérialisé par des ensembles de lettres ou des touches de pigments. Plus besoin d’aller au cinéma, tout est là dedans.
Ca commence par un trait, une courbe, puis l’idée se précise; la main se fait moins hésitante quand elle trace la silhouette du protagoniste de ton projet.
La mine du crayon file sur le papier et s’use au fur et à mesure que ton histoire se crée, contournant les miettes de gomme rose, petits témoins de tes brusques changements d’avis. Tu commences à avoir ce reflet argenté sur la tranche de la main quand tu choisis d’ajouter de la couleur.
Un peu d’aquarelle.
Des gouttes d’eau colorée qui s’écrasent les unes après les autres sur le grain irrégulier de ton papier Canson, comme quand tu étais à l’école. Des petites flaques. Ton pinceau rebelle t’oblige à ralentir tes mouvements car quand tu t’y attendras le moins, entre une inspiration et un soupir, son crin n’en fera qu’à sa tête et ajoutera quelques millimètres de couleur en trop, en dehors de ta petite bordure tracée en noir. L’imprévu chromatique.
Un peu d’encre de chine pour élargir tes contours et le tour est joué, ton histoire prend un nouvel élan, elle s’affirme.
A force de concentration, de patience et de subterfuges, le brouillon initial de ton récit pictural a évolué et n’a besoin que de quelques retouches finales.

Maintenant remplacez la peinture, les pastels, l’aquarelle par de l’encre, le pinceau par un stylo ou un amas de pixels, les traits et les courbes sont l’histoire de base et les rebondissements du récit, les couleurs sont l’intensité avec laquelle vous racontez les choses.

Oui, raconter.
De l’imaginaire, du réel, peu importe.
Peu importe, tant qu’on a réussi à s’extirper ces images de la tête pour les coucher sur du papier, peu importe tant qu’on a réussi à vaincre cette foutue page blanche.