24 mars 2013 @ 10 h 29

O’brother

J’ai un frère.
Un frère à qui je ne parle pas vraiment.

Je l’ai toujours admiré parce que c’est l’ainé.
J’ai essayé de m’affirmer en tant qu’individu à part entière pour la même raison.

Mon frère et moi, on ne partage pas grand-chose.
Dans ma tête, il a la vie que je n’ai pas, il est solide comme un roc, et il ne sait pas à quel point je peux être nul face à lui.

Je crois qu’une fois ou deux, j’ai essayé de faire comme dans les séries américaines, de lui dire que je l’aime en le serrant dans mes bras; ça n’a pas été un franc succès.

Je suis quelqu’un de très ouvert.
Je peux parler de choses extrêmement intimes avec la première personne rencontrée sur internet un soir de blues.

Mais avec mon grand frère, rien ne sort.
Il ne sait pas toutes les épreuves que j’ai traversées en son absence, tout comme je ne conçois pas qu’il puisse pleurer quand ça ne va pas.

Mon frère et moi, on est liés, mais on n’a rien en commun.
Mais c’est mon frère quand même.